Embaucher des acteurs ou comédiens pour vos vidéos : Guide complet 2026
- Cherrier Pierre

- 6 mars 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 avr.
Vous êtes une micro-entreprise spécialisée dans la production de vidéos promotionnelles (code NAF 5911B) et vous souhaitez embaucher des acteurs, figurants ou voix-off pour un projet ? Voici un guide complet pour comprendre vos obligations légales, les conventions collectives applicables, et les bonnes pratiques à suivre en 2026.
Choisir la bonne convention collective et le bon statut

En France, l’embauche d’artistes ou de techniciens du spectacle est encadrée par des conventions collectives spécifiques. Si votre activité relève de la production audiovisuelle ou cinématographique, vous devez appliquer la Convention Collective Nationale de la Production Cinématographique (IDCC 3097). Cette convention s’applique aux longs-métrages, courts-métrages, films publicitaires, et plus généralement à toute production nécessitant des acteurs ou figurants.
Pourquoi est-ce important ?
Cela vous permet d’embaucher des intermittents du spectacle, un régime spécifique qui alterne périodes travaillées et non travaillées.
Cela garantit le respect des salaires minimaux et des conditions de travail définis par la convention.
À noter : Même si le code NAF n’est plus une exigence légale depuis 2017, France Travail continue de le vérifier lors de l’affiliation. Assurez-vous donc que votre code NAF est bien lié au secteur culturel.
Rémunération : Cachets et salaires minimaux en 2026

Les acteurs et figurants sont généralement rémunérés sous forme de cachets, une rémunération forfaitaire versée pour chaque jour de travail. Les montants minimaux sont fixés par la convention collective et ont été révisés en 2026.
Type d’artiste | Salaire horaire minimum | Cachet journalier minimum (3h) | Cachet journalier (8h) |
Figurant | 12,16 € | 106,03 € brut | 119,30 € brut |
Silhouette parlante | 14,21 € | 120,30 € brut | 142,10 € brut |
Doublure polyvalente | 16,73 € | 142,10 € brut | 167,30 € brut |
Artiste-interprète | 20,00 € et + | Selon rôle et expérience | Selon rôle et expérience |
Conseil : Ces montants sont des minimums légaux. Vous pouvez négocier des cachets plus élevés en fonction de l’expérience de l’artiste ou de la complexité du projet. Pour les projets de petite envergure, des dispositifs comme le FONPEPS AESP peuvent vous aider à financer une partie des coûts
Les étapes clés pour embaucher un intermittent du spectacle

1. Vérifiez l’éligibilité de votre entreprise
Votre entreprise doit être immatriculée auprès des organismes sociaux (URSSAF, France Travail, etc.).
Vous devez avoir un code NAF lié au secteur culturel (ex. : 5911B pour la production audiovisuelle).
2. Remplissez une fiche de renseignement
Cette fiche permet de recueillir les informations nécessaires pour établir le contrat et le bulletin de paie :
Coordonnées de l’artiste.
Numéro de sécurité sociale.
Justificatifs (CNI, carte vitale, etc.).
3. Effectuez une Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE)
Obligatoire avant le début du travail.
Doit être envoyée à l’URSSAF au plus tard 1 jour ouvrable avant l’embauche.
Peut se faire en ligne via Net-entreprises.
Sanction : Une absence de DPAE expose à une amende de 1 071 € par salarié.
À venir : À partir de 2027, la DPAE pourra être effectuée directement via la Déclaration Sociale Nominative (DSN)
4. Rédigez un contrat de travail (CDD d’usage)
Le contrat doit mentionner :
La durée de la mission.
Le cachet ou salaire convenu.
Les conditions spécifiques liées à la convention collective (ex. : pauses, horaires).
Modèle de contrat : Vous pouvez utiliser des outils comme CulturePay pour générer un contrat conforme.
5. Établissez et transmettez les documents de paie
Bulletin de paie : Doit être remis à l’artiste après chaque mission.
Attestation employeur : Utile pour que l’artiste puisse justifier ses heures travaillées auprès de France Travail.
Les alternatives à l’embauche directe

Embaucher un intermittent du spectacle peut représenter une charge administrative importante pour une micro-entreprise. Voici deux alternatives pour simplifier le processus :
a. Société de gestion administrative
Certaines sociétés spécialisées prennent en charge :
La rédaction des contrats.
L’établissement des bulletins de paie.
Les déclarations sociales.
Exemple : CulturePay ou Cheque Intermittents.
b. Portage salarial (sous conditions strictes)
Le portage salarial permet à un artiste de bénéficier d’un statut salarié tout en travaillant pour différents clients.
Attention :
Seules les sociétés agréées comme "prestataire de services du spectacle vivant" peuvent porter des intermittents pour des activités artistiques.
Le portage salarial ne peut pas être utilisé pour produire ou diffuser des spectacles.
Conseil : Vérifiez toujours que la société de portage est bien agréée par France Travail pour éviter tout risque de requalification en travail dissimulé.
Points de vigilance et erreurs à éviter

Faite preuve de prudence dans cette démarche ! En tant qu'employeur ou donneur d'ordre, vous êtes responsable aux yeux de la loi. Vous devez vous assurer que les conditions d'embauche respectent la législation sous peine de vous exposer à des infractions et des sanctions potentielles sur les plans pénal, civil et administratif.
a. Respectez les plafonds de cachets
Artistes (annexe 10) : Maximum 28 cachets/mois.
Techniciens (annexe 8) : Maximum 208 heures/mois (250 heures en cas de multi-employeurs).
b. Évitez le travail non déclaré
Toute embauche doit être déclarée via une DPAE.
Les sanctions pour travail dissimulé peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende.
c. Vérifiez les droits des artistes
Un artiste intermittent doit avoir travaillé 507 heures sur 12 mois pour bénéficier de ses droits.
Si l’artiste n’a pas assez d’heures, il peut utiliser une clause de rattrapage pour bénéficier d’une indemnisation temporaire.
Aides financières : embaucher des acteurs

FONPEPS AESP
Ce dispositif aide les structures du spectacle à embaucher en CDI ou CDD.
En 2026 :
Jusqu’à 10 000 €/an pendant 3 ans pour un CDI à temps plein.
Des aides mensuelles pour les CDD.
Conditions : Les contrats débutant après le 31 décembre 2025 sont soumis à de nouvelles règles et à des montants revus à la baisse.
Conseil : Renseignez-vous sur les critères d’éligibilité et déposez votre dossier en ligne sur le site du FONPEPS.



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